

Un héritage conduit la jeune Léo sur les pas de sa grand-mère.
Nous suivons son enquête.
Celle-ci raconte un passé rempli de luttes joyeuses et de déconvenues féroces.
Elle raconte les aspirations d'une jeunesse éprise de rêves et de liberté lors d'une certaine année 1968.
Elle raconte les amitiés précieuses qui font rempart lorsque les forces sombres rodent.
Elle raconte enfin l'histoire d'une île italienne, ayant véritablement existé avant d'être détruite et de toutes ces îles qui existent au creux du coeur et que nous devons choyer.








Crédit photo : Marina Viguier
Écriture et mise en scène : Aurélie Normandon
Regard artistique: Hélène Rossignol
Avec : Clara Domingo, Thomas Girou, Aurélie Normandon, Sébastien Prieur et Alice Raingeard.
Conception et construction décors: Denis Gaudron
Création musicale : Sébastien Prieur
Création Lumière: Rosalie Dumont
Soutiens : ADAMI/ SPEDIDAM/ Théâtre de L'Abbaye Saint-Maur-des-Fossés/ CMCAS Paris
Projet Lauréat de la bourse ADAMI première fois


Note de l’autrice
La genèse de ce projet a démarré quand j’ai découvert l’histoire vraie de l’île de la Rose en Italie, sur la côte Adriatique. Mon intrigue a donc pris le large, avec pour cap, cette fameuse île.
La majorité de l’action de la pièce se situe au printemps 68, au moment où la jeunesse du monde fait entendre sa voix. J’ai eu envie d’écrire sur les rêves et les aspirations de cette jeunesse.
La pièce raconte l’enquête d’une jeune femme qui part à la découverte du passé de sa grand-mère, Léopoldine. Léopoldine, étudiante à la Sorbonne, fait partie d’un groupe de jeunes féministes qui se battent pour plus d’égalité dans les années 68. Lors d’un voyage en Italie, la grand-mère fait la connaissance des constructeurs de l’île de la Rose. Cette île sera déclarée micro-nation le 1er mai 1968. Cette rencontre met en lumière deux visions pour un monde plus juste et nous fait nous interroger. Faut-il se battre pour changer notre monde ou en recréer un neuf ?
Le récit est construit en boucle, comme les méandres de la mémoire.
Les petites et la grande histoire se croisent et s’entremêlent car la trame narrative fictionnelle suit les véritables événements historiques, de leur début prometteur jusqu’à leur apogée et enfin leur chute.
Cette pièce, c’est aussi l’histoire de grandes amitiés. Celle de Léo et de son ami Marco, qui l’aide dans son enquête. Celle de Léopoldine la grand-mère avec sa très grande amie Valentina et enfin celle de ce groupe d’amis qui a réalisé sa propre utopie en construisant son île.
Mais après ce fameux printemps, les temps s’obscurcissent et les forces sombres rodent. Qu’adviendra-t-il de tous ces jeunes gens ? Quel secret Léo va-t-elle découvrir ?
Au bout du chemin c’est l’histoire intime d’une filiation et de l’énergie créatrice qui en découle.


Crédit photo : Marina Viguier
L’île de la rose a été détruite avant même d’être complétement terminée, elle était donc toujours en chantier, en construction.
Les personnages de la pièce sont eux aussi en construction et en mouvement. Je suis donc partie de cette idée du chantier pour la scénographie. De ce qu’il représente, à la fois concrètement et métaphoriquement.
Au plateau on retrouve beaucoup d’éléments scénographiques appartenant à cet univers. Je me suis également inspirée du côté ingénieux des constructeurs de l’île, qui sillonnaient l’Adriatique à bord d’un bateau bricolé à partir d’une vieille voiture. Ainsi, certains éléments du décor se transforment, revêtent des usages et des fonctions différentes. A l’instar de l’échafaudage de chantier par exemple, qui devient bateau-voiture puis lit d’hôpital.
La suite de la scénographie s’appuie sur un quadriptyque de grands panneaux aspect béton qui naviguent sur le plateau afin de figurer tantôt un intérieur, tantôt un dédale de ruelles, tantôt l’île, tout en laissant les spectateurices projeter leur imagination en la matière.
Le décor, tel un plateau de cinéma, ne cesse de bouger et de se transformer sous les yeux du public , le positionnant au cœur même de l’action.
Cette pièce est à la fois une intrigue générationnelle, un cri de révolte et un mystère qui prend racine dans un drame. Il n’en reste pas moins que l’on assiste à des moments de grandes fraicheurs, de grandes joies.
Ces scènes sont notamment présentes lorsque les personnages « secondaires » interviennent. La drôlerie des experts, le bagout du naufragé Pietro, l’inconsistance de la policière ou les journalistes déchainés sont autant d’exemples. Ces personnages n’apparaissent qu’une fois ou deux mais sont pensés comme des respirations, des petites bulles de légèreté.
Les cinq comédiens et comédiennes qui interprètent tour à tour cette galerie de personnages, changent de costumes et d’accessoires dans un formidable et joyeux tourbillon !
La transmission intergénérationnelle est un des axes de la pièce. Le lien qui existe entre la mère, la fille et la petite fille est comme un fil doré. Le démêler ensemble leur permet de mieux comprendre les autres et de mieux se comprendre elles-mêmes. Je veux mettre à l’honneur ces liens qui sont souvent mis à mal mais qui sont essentiels.
Avec ces personnages, on montre également l’intime à l’intérieur des grands mouvements sociétaux. Il s’agit de ramener à soi. S’identifier à un personnage, à ces joies et ses déroutes, me parait plus facile que de penser à un mouvement dans son ensemble. Car nous vivons les mêmes joies et les mêmes déroutes. On peut se sentir petit devant l’ampleur du combat mais en réalité ceux qui changent le monde ne sont pas différents de nous. Ils et elles ont souvent la même vie que la nôtre. Nous pouvons alors rendre ce combat possible, à notre échelle. Mieux appréhender la sphère sociale et politique qui nous entoure.
Une invitation à ne pas se résigner !
Intention de mise en scène



